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Kali

Histoire du Kali

Par pascalbricchi.over-blog.com 

Depuis des Siècles les Arts de combat, Kali, Eskrima ou Arnis ont joué un rôle primordial et souvent historique dans les nombreux conflits et dans la survie du peuple philippin. Le terme Kali pourrait venir du mot Kalis, venant lui-même du mot Malais Keris ou Kris signifiant  « armes blanches »  ou selon une autre hypothèse, Kali pourrait être un dérivé des mots, « Kamots » qui signifie corps, et « Lihoc » qui signifie mouvement. Le Kali serait donc l’art du corps en mouvement. Les termes Eskrima et Arnis seraient apparurent plus tard lors de l’occupation espagnole.

D’autres noms désignent aussi des systèmes de combat, tels que Kaliradman, Kaliorongan, pagkalikali… Mais quelque soit le nom, l’art de combat philippin est un art complet comprenant un travail d’armes très large, (sabres, épées courtes et longues, bâtons courts simples ou doubles, couteaux de différentes tailles, bâtons longs, lances, armes flexibles, armes de jets …) et un travail à mains nues très efficace utilisant des frappes, des clés et des projections.

Durant la dynastie Tang au 9ème siècle, existaient  des relations commerciales entre la Chine, la péninsule Malaise et les Philippines. Les commerçants amenèrent avec eux leurs systèmes de combat, tels que le Kun-tao Chinois et Tjakalele Silat Indo-Malais. Ces échanges eurent une grande influence sur le développement des arts philippins.
Selon la légende, dis Datus (chefs de guerre) fuyant les persécutions au 12ème siècle, quittèrent Bornéo pour s’établir sur l’île de Panay au centre des Philippines, où ils créèrent l’école « Bothoan » où étaient enseignés les arts martiaux aux futurs chefs de tribu.

Au cours du 13ème siècle, une nouvelle vague d’immigration de malais eut lieu en direction des Philippines. Ces immigrants furent les ancêtres des Moros musulmans des îles Mindanao et de Sulu au sud des Philippines. Ils amenèrent leurs systèmes de combat utilisant un éventail d’armes blanches de différentes tailles.

Batailles de L’île de Mactan en 1521:

L’histoire débuta lorsque Magellan, le célèbre navigateur portugais, entreprit son voyage vers de nouveaux mondes, qui découvrit d’ailleurs un passage maritime, qui portera son nom pour devenir le célèbre détroit de Magellan.

Peu de temps après sa découverte des Philippines, Magellan fût attentif au refus d’un roi d’une île qui ne voulait se résigner à la puissance Espagnole. Magellan ne perdit pas un instant et fît route vers l’île de Mactan où se trouvait ce fameux roi marginal.

Lorsque Magellan et son équipage de 60 hommes débarquèrent sur la plage, une bataille inévitable fît rage. D’un côté les Espagnols armés d’épées et de dagues et de l’autre les guerriers Moros armés pour la plus part de différentes lames appelée machette, Kriss ou bolo, ainsi qu’une puissante maîtrise de leurs armes et de leurs systèmes de combat dans toutes les distances. Les Espagnols furent obligés de se replier car la bataille avait fait beaucoup trop de perte.

Pendant cette bataille sanglante, Magellan fût blessé à de multiples endroits et malheureusement ne se remis jamais de ce terrible affrontement. Il décéda un an après, en 1521, cette bataille de l’île de Mactan.

Magellan, put constater à son détriment l’efficacité des guerriers philippins du roi Lapu Lapu. En 1543 commença la colonisation des îles par les Espagnols, qu’ils nommèrent Philippines en hommage au roi Philippe II d’Espagne. Les Espagnols eurent beaucoup de mal à soumettre les habitants des Philippines. Ils durent avoir recourt à leurs armes à feu pour faire régner un semblant d’ordre. L’ensemble fut sécurisé qu’en 1570.

L’occupation Espagnol :

Lors que la domination Espagnole fut  finalement bien établie, les conquérants voulurent bannir l’enseignement des arts martiaux, le port des armes blanches fût interdit en 1764 pour essayer de limiter les agressions des soldats des forces d’occupation. Les arts martiaux rentrèrent donc dans la clandestinité, comme le fit le Kobudo à Okinawa lors de l’invasion japonaise. L’est du combat refit peu à peu surface sous forme de danses rituelles, appelées « Sinulog ». Etant enseignés en secret, souvent la nuit, et du fait que les philippins vivaient sur plusieurs dizaines d’îles différentes et ne parlaient pas les mêmes langues, des styles divers se développèrent indépendamment les uns des autres. Mais tous ces systèmes avaient en communs, le développement de la rapidité et de la précision des attaques sur les points vitaux des membres et du corps. Seule manière pour vaincre avec des bâtons de bois, des Espagnols armées d’épées aiguisées et portants des armures.

Durant plus de trois cents ans d’occupation, de nombreuses escarmouches et batailles opposèrent colons et autochtones. A partir de ces expériences et d’observation, les systèmes de combat philippins évoluèrent, de plus en plus influencés par les techniques espagnoles et des autres mercenaires européens (Italiens et Français). Mais ce fut surtout l’utilisation de la rapière (épée) et de la dague qui eut la plus grande influence. On peut  encore retrouver actuellement, dans de nombreux styles, les techniques « Espada Y daga » sous la forme d’exercices avec un bâton et un couteau, ou d’une arme longue couplée avec une arme courte.

On retrouve l’influence de l’escrime espagnole dans le système des angles d’attaques et dans certains concepts tactiques de déplacement et de distances. Cette influence se retrouve aussi dans l’utilisation de l’Espagnol pour certains termes techniques. C’est ainsi que peu à peu le mot Kali fut supplanté par le mot « Arnis »  (venant du mot arnes, correspondant aux ornements des manches que portaient les philippins lors de spectacles de danse).

L’occupation Américaines :

Après la Défaites de l’Espagne face au Etats-Unis lors du conflit de Cuba au début du XXème siècle, les Philippins pensaient qu’ils allaient finalement être libres. Mais ces îles représentaient un grand intérêt stratégique par leur position dans le pacifique. C’est ainsi que les Américains remplacèrent les Espagnols. La guérilla continua dans le sud des Philippines. Les féroces guerriers musulmans Moros, armés le plus souvent de sabres et de couteaux, provoquèrent d’énormes pertes dans les rangs de marines américains. Les Moros étaient des guerriers fanatiques combattant jusqu’à la mort suivant le « juramentado », serment de décapiter le plus de chrétiens pour aller au Paradis. Face à de tels combattants le Général Pershing dut changer les révolvers de calibre 38 pour les pistolets Colt en calibre 45 plus puissant, seul pouvant arrêter un Moros chargeant à l’arme blanche. Il dut aussi distribuer à ses soldats une bande de cuir pour se protéger le cou contre les coups de couteaux. C’est la raison pour laquelle les marines Américains sont depuis surnommés « leatherneck » (les cous de cuir).

La montée de la popularité du Kali Arnis Eskrima :

Dans les années 1920, l’Arnis devint très populaire et de nombreux tournois furent organisés au côté de combat de boxe au stade Olympique de Manille.

C’est à cette époque que de jeunes combattants se rendirent célèbres pour avoir participer à de nombreux combats et duels. Ils devinrent plus tard de grands maîtres qui auront une grande influence dans le développement de l’Arnis.

Le rôle joué par les guerriers Philippins durant la 2nd guerre mondiale :

Durant la 2ème guerre mondiale, les Philippins furent utilisés dans la guérilla contre l’invasion Japonaise, spécialistes du combat rapproché, ils purent démontrer l’extrême efficacité de l’art art de combat en infligeant de lourdes pertes dans les rangs Japonais essayant de progresser dans la jungle.

Développement du Kali Eskrima :

Après la guerre beaucoup de Philippins, dont de nombreux maîtres, émigrèrent vers Hawaï et la Californie.
La pratique des arts martiaux philippins y resta très confidentielle. Enseignés essentiellement aux membres de leur famille ou à leurs amis intimes, ils commencèrent à disparaître.

La première Fois que le public découvrit les arts martiaux philippins fut à l’occasion du tournoi de Karaté de Long Beach en 1964, organisé par Ed Parker (pionnier du Karaté et du Kempo aux Etas Unis).

En effet le maître Ben Largusa fut invité à faire une démonstration de son art qu’un nommé Bruce Lee pour son Jun Fan Gung Fu. C’est à cette occasion que Dan Inosanto déjà ceinture noire de Kempo et de Jiu-jitsu décida sur les conseils de son professeur Ed Parker de faire des recherches et de pratiquer les arts martiaux de son pays d’origine.

En plus de ses entraînements avec Bruce Lee, il étudia avec plusieurs maîtres Philippins de la région de Los Angeles, en particulier :

-Guro Regino Illustrissimo, ancien marin connu pour avoir combattu à l’aide de deux bâtons, six hommes armés de couteau. Son style appeler « repeticion » était caractérisé par des enchaînements d’attaques multiples et répétées.

-Guro Angel Cabales, sa réputation de combattant de rue invaincu, l’amena à émigrer aux Etats-Unis ou il fut le premier à ouvrir une école d’Eskrima. Son style le « Serrada » utilise essentiellement la distance courte.

Guro Leon Giron, héros de la 2ème guerre mondiale, où il était à la tête d’une unité qui patrouillait dans la jungle, essayant de provoquer le plus de pertes chez les Japonais lors d’embuscade.Spécialiste du combat à la machette, il développa initialement un système de combat à longue distance appelé « Largo Mano », puis il développa plusieurs systèmes dans toutes les distances, mais toujours par rapport à ses expériences de combat réel.

Guro John Lacoste, peut être le maître qui a le plus influencé Dan Inosanto. Héros de la 2ème guerre mondiale et ayant survécu à plusieurs duel et combats réels. Il était expert dans plusieurs styles de Kali et de silat du sud des Philippines aussi bien avec armes qu’a mains nues.
Les arts martiaux philippins sortirent donc de l’ombre et commencèrent à se développer aux Etats-Unis puis au niveau mondial grâce aux recherches, aux efforts et à l’influence de Dan Inosanto.

Emergence de nouveaux styles :

Des styles et se développèrent  comme le « Doce Paras » dans les années 30, puis plus récemment le « modern Arnis » de Guro Présas, le « Latosa Eskrima », le « Lamenco Eskrima » de Maître Edgar Sulite. Ces derniers, Ainsi que Dan Insanto formèrent les premiers instructeurs Européens à partir des années 80.
En 1993 fut créée la « European Kali Anis Eskrima Federation » EKAEF, présidé par bob Breen, pionner du Kali et du Jeet Kune Do en Europe.

Arrivé du Kali Eskrima en France :

Les Arts martiaux Philippins arrivèrent  tardivement en France. Ils furent enseignés parallèlement au Jeet Kune Do, lors de séminaire, de Dan Inosanto ou de ses instructeurs de l’Inosanto Academy de passage en France.